Focus Technologie et Transport - Les transports en commun à Hong Kong, un réseau performant en constante évolution. (27/10/2014)

Article rédigé le 27/10/2014

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Sommaire


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Crédits : leungchopan


Introduction

La densité de la population présente sur le territoire hongkongais, couplée à la richesse de cette région a mené à la mise en place d’un réseau de transport en commun propre, efficace et peu onéreux largement plébiscité par les habitants. Ainsi, sur les 13 millions de voyages réalisés chaque jour à Hong Kong, 83% [1] le sont par des transports en commun. En île de France les transports en commun représentent 20% [2] des déplacements.

Le principal mode de transport hongkongais est le métro (Mass Transit Railway MTR) représentant 40% des voyages réalisés en transports en commun du territoire, on trouve ensuite les bus (35%) et les minibus (17%) (Figure |).

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Figure 1 : Répartition des voyages effectués en transport en commun par type de transport - Crédits : M. Le Bail


Ce réseau, déjà très dense, est en constante évolution pour répondre à la demande croissante de la population et pour répondre aux objectifs du gouvernement concernant les réductions de gaz à effet de serre.

1. Le réseau ferré

a. MTR

La première ligne de métro a été inaugurée en 1979, la société MTR Corporation Limited était alors détenue dans sa totalité par le gouvernement hongkongais. En 2000, le gouvernement a décidé de privatiser en partie le métro, en vendant 23% de ses parts.

4.4 millions de voyages sont effectués chaque jour dans le MTR (données d’avril 2014), ce qui représente 40% des trajets réalisés en transports en commun. Le réseau est constitué de 9 lignes, 82 stations et s’étend sur 175 km. Les métros sont automatisés, sans conducteurs et de nombreuses stations sont équipées de portiques automatiques, permettant au métro hongkongais d’être le métro le plus ponctuel au monde, avec un taux de ponctualité de 99.9%... [3]

Cette impressionnante performance a notamment permis à la société hongkongaise de s’exporter à l’international. MTR Corporation gère ainsi des lignes de métro en Chine continentale, en Australie, en Grande-Bretagne, en Norvège et a remporté un nouvel appel d’offre de 1.4 milliard de £ à Londres en juillet 2014 pour l’exploitation de la nouvelle ligne de métro "Crossrail". Dans le cadre de ce contrat, d’une durée de 8 ans, MTR Corporation a prévu de recruter 1 100 personnes [3]. MTR Corporation est également propriétaire de la ligne menant à l’aéroport de Hong Kong (35.2km, 38 900 passagers / jour (p/j) ) et de plusieurs lignes de tramways (36.2 km de ligne, 68 arrêts, 470.000 p/j). [1]

Outre son développement à l’international, la société hongkongaise continue l’expansion du réseau ferré à Hong Kong. Des projets déjà en cours permettront ainsi au réseau de passer de 211 km (2007) à 270 km d’ici à 2019 et un tout nouveau projet d’extension du réseau, révélé début septembre 2014, prévoit un plan de développement estimé à 110 milliards HK$ [4]. Quatre nouvelles lignes, de nouvelles stations et des extensions de deux lignes existantes sont au programme pour ce plan de développement dont la réalisation devrait s’étendre de 2018 à 2026. L’un des problèmes majeur auquel devra se confronter la société MTR est le manque de main d’oeuvre important dont le territoire hongkongais souffre depuis de nombreuses années, pouvant impliquer d’importants retards comme c’est déjà le cas sur d’autres projets en cours de construction [5].

b. Les tramways

Inaugurée en 1904, la société de tramways de Hong Kong est détenue par Véolia Transport et RATP Asia. Les 7 lignes du réseau s’étalent sur 13 km et transportent chaque jour 230.000 passagers grâce aux 164 tramways [6].

2. Le réseau routier

En avril 2011, le territoire hongkongais comptait 672.000 véhicules, dont 456.000 véhicules privés. Ce nombre est impressionnant si l’on prend en considération que ce petit territoire dispose de seulement 2 086 km de routes [1], présentant ainsi un ratio de plus de 300 véhicules par kilomètre de route. On comprend dès lors l’importance de la régulation du marché des véhicules privés et de la part des transports en commun dans les déplacements quotidiens.

a. Les Bus

Les premières lignes de bus hongkongaises ont vu le jour dans les années 1920. Il faudra attendre la fin des années 40 pour voir arriver sur le territoire les bus à deux étages provenant de Grande Bretagne. L’air conditionné arrivera dans les années 80 pour les bus à deux étages... le dernier bus franchisé à Hong Kong ne disposant pas d’air conditionné a pris sa retraite en 2012.

Il existe cinq franchises de bus privées à Hong Kong, transportant 35% des passagers du territoire, soit près de 4 millions par jour. Plus de 5 700 bus alimentent les 630 lignes existantes. Hong Kong est l’un des rares territoires à ne pas disposer de compagnie de bus publique. La principale société est Kowloon Motor Bus (KMB), avec plus de 67% des passagers de bus franchisés, on trouve ensuite Citybus et New World First Bus, transportant respectivement 16% et 13% des passagers (Figure 2).

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Figure 2 : répartition du nombre de passager de bus par franchise - Crédits : M. Le Bail


Les franchises sont accordées pour une durée de 10 ans. Deux franchises arrivant bientôt à terme sont actuellement évaluées pour leurs renouvellements : Citybus (01/06/2016) et New Lantau Bus (01/05/2017). Il existe également des bus non-franchisés destinés à apporter un soutien lors des périodes de haute fréquentation, et à desservir des zones non incluses dans le réseau classique (bus touristiques, navettes d’hôtels, d’entreprises, d’écoles...). Au 31 Août 2014, 7 039 bus non franchisés étaient enregistrés sur le territoire.

b. Les minibus

L’offre des bus est complétée par des minibus ("Public Light Bus"). Disposant d’une capacité maximale de 16 passagers, les minibus offrent une alternative généralement plus rapide et plus onéreuse que leurs homologues à forte capacité d’accueil. Gérés par plusieurs sociétés privées, leur nombre est limité à 4 350 véhicules par le gouvernement. Il existe deux types de minibus, les minibus verts (Green MiniBus - GMB) et les minibus rouge (Red MiniBus - RMB). Ils circulent pour la plupart au GPL.

Les GMB doivent circuler en suivant des trajets et des prix régulés. En mai 2014, il existait 345 lignes de minibus alimentées par 3 114 véhicules. Les GMB ont ainsi transporté 1 512.000 passagers par jour en 2013.

Les RMB sont beaucoup plus flexibles que leurs confrères verts, ils ne disposent pas de trajets ni de prix régulés et peuvent s’ajuster en fonction de la demande. En mai 2014, 1 236 RMB circulaient sur le territoire, ils ont transporté quotidiennement 352.000 passagers en 2013.

c. Encouragement au développement de nouvelles technologies (hybrides, électrique...)

Le gouvernement hongkongais a annoncé en 2010 sa volonté de mettre en place des bus "0 émission". Dans ce but, 180 millions de HK$ ont été alloués aux compagnies de transport pour l’achat de 36 bus électriques et 6 bus hybrides afin d’en évaluer les performances. L’expérimentation devrait débuter en 2015.

Un fond de 300 millions de HK$ (Pilot Green Transport Fund) a été mis en place en mars 2011 pour encourager les sociétés de transports et les organisations à but non lucratif à acquérir des véhicules innovants, à faible émission carbone, incluant les véhicules électriques. En juin 2014, déjà 76 projets avaient été approuvés pour un total de 96 millions de HK$ (véhicules électriques et hybrides) [7]. Le premier bus électrique a été testé par KMB en 2013, il s’agissait du BYD K9A, de la société chinoise Changsha BYD Coach Company, Ltd[8].

Pour pouvoir permettre le développement des véhicules électriques, il est indispensable de mettre en place un large réseau de zones de recharge. Ces dernières sont progressivement installées sur le territoire et il existe aujourd’hui 1.000 points de recharge standard sur 18 districts et 10 points de recharge rapide.

3. Réseau maritime - Les ferrys

Le service de ferry a été mis en place en 1999 et est assuré en grande partie par les 11 sociétés licenciées. En 2010, 49 millions de passagers ont été transportés sur les 18 lignes existantes.

Le trafic maritime est généralement très polluant. C’est la raison pour laquelle, depuis le 1er janvier 2011 [9], des compagnies de transport ont signé un engagement volontaire sur deux ans, le "Fair Winds Charter", dans lequel elles se sont engagées à utiliser des carburants contenant au maximum 0.5% de SO2 sur le territoire maritime de Hong Kong.

Souhaitant aller plus loin dans le cadre de sa politique de lutte contre la pollution de l’air, le gouvernement hongkongais a d’ailleurs travaillé de concert avec Macao et la province du Guangdong sur la mise en place d’une zone de contrôle maritime et une réglementation sur la qualité des carburants afin de limiter les émissions de SO2 (teneur de 0.05% dans les carburants) et de particules fines pour les carburants distribués localement [10].

4. Un mode de paiement simple et unifié, la carte Octopus

Dès 1994, les principaux opérateurs de transport public de Hong Kong se sont regroupés pour former une co-entreprise ("Creative Star Limited", renommée "Octopus Cards Limited" en 2002) chargée de développer un système unique de paiement utilisant la technologie de la carte sans contact. Aujourd’hui, Octopus Cards Limited est composée des compagnies de transport Mass Transit Railway (MTR), Kowloon-Canton Railway Corporation (KCRC),Kowloon Motor Bus (KMB), Citybus, New World First Bus Services Limited (NWFB) et New World First Ferry Services Limited (NWFFS).

Cette carte permet ainsi de payer simplement les trajets effectués dans la grande majorité des transports en communs du territoire malgré le grand nombre de sociétés présentes sur le marché. On estime que 95% des hongkongais entre 16 et 65 ans possèdent et utilisent régulièrement la carte Octopus. [11]

Conclusion

Hong Kong dispose d’un des réseaux de transports le plus développé et le plus utilisé au monde. Afin de répondre à l’expansion démographique du territoire, le réseau souterrain prend de l’ampleur avec l’expansion du métro, quand dans un même temps des moyens de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont mis en place pour le réseau routier et maritime afin d’alléger la pollution du territoire.

Sources :
- [1] Transport Department : http://www.td.gov.hk/en/home/index.html
- [2] Enquête globale transport - La mobilité en Ile-de-France - Institut d’Aménagement et d’Urbanisation - N°13, Janvier 2013 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/HBolD
- [3] Site de MTR Corporation - http://www.mtr.com.hk/eng/overview/profile_index.html
- [4] SCMP 17/09/2014 - Plans for HK$110b expansion of Hong Kong rail network unveiled -http://redirectix.bulletins-electroniques.com/0swdJ
- [5] SCMP 12/06/2014 : MTR chiefs apologise over two more rail project delays -http://redirectix.bulletins-electroniques.com/o62g4
- [6] Site de hktramways - http://www.hktramways.com/en/copinfo/index.html
- [7] The Government of the Hong Kong Special Administrative Region - Environmental Protection Department - Pilot Green Transport Fund : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/1CP2Y
- [8] wikipedia History of bus transport in Hong Kong -http://en.wikipedia.org/wiki/History_of_bus_transport_in_Hong_Kong
- [9] Actualités du gouvernement 19/03/2014 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/EV9kQ
- [10] Bulletin Electronique - Maël LE BAIL - Nouvelle régulation des carburants maritimes distribués dans le détroit de la rivière des Perles - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/75798.htm
- [11] Bulletin Electronique - Tiphaine CORBET - Les hongkongais, pionniers du paiement mobile sans contact - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/76447.htm

Rédacteur :

Maël LE BAIL, Chargé de mission scientifique - Hong Kong

publié le 07/08/2015

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