Conférence sur les Universités et le Développement Durable.

Du 17 au 19 juin 2015, s’est déroulée la conférence de l’International Sustainable Campus Network (ISCN) à l’Université de Hong Kong (HKU). Cette conférence annuelle, qui a pour but de mettre en avant le rôle des campus universitaires dans la promotion du développement durable, rassemble des acteurs locaux et internationaux de monde de l’éducation, de l’entreprise et de la politique.

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Conférence International Sustainable Campus Network (ISCN) à HKU.


Durant les dernières décennies, la conscience des enjeux liés au développement durable a grandi grâce à une implication de plus en plus marquée des décideurs politiques, de certaines entreprises et des acteurs de l’éducation. Les campus universitaires en sont des acteurs majeurs non seulement parce que se sont des lieux d’apprentissage mais aussi parce que se sont les vitrines du monde de demain.

Cette année une cinquantaine d’experts se sont réunis pour discuter du thème « Expanding the dialogue : Sustainability in a Connected world ».

Après que plusieurs campus à travers le monde (HKU à Hong Kong, Aalto University en Finlande et The University of Sydney en l’Australie) ainsi que leur actions respectives en faveur du développement durable ont été présentés, Mr. Wong secrétaire de l’environnement au gouvernement de Hong Kong est intervenu pour rappeler l’importance des interactions entre la ville et ses espaces d’apprentissage, il a aussi précisé l’implication grandissante de la ville de Hong Kong face aux problématiques de développement durable. Hong Kong est une ville qui consomme beaucoup de ressources et si l’ensemble de la population mondiale vivait comme celle de Hong Kong, il faudrait environ 2,5 fois la planète terre pour subvenir aux besoins de l’humanité de façon durable. Le gouvernement hongkongais essaie donc de réaliser des efforts sur les problématiques de déchets et d’énergie. Par exemple, entre 2003 et 2009, la ville de Hong Kong a diminué sa consommation énergétique de 9,2 % (diminution supérieure aux 5 % prévus initialement). Un habitant de Hong Kong produit en moyenne 1,36 kg de déchets par jour ce qui est presque le double d’un habitant de Tokyo (0,77 kg). Pour contrer ce problème le gouvernement de Hong Kong souhaite renforcer ses actions en faveur de l’environnement. Le tri des déchets permettrait, par exemple, de réduire de 20 % le poids total des déchets de Hong Kong d’ici 2017 et de 40 % d’ici 2022, par rapport aux chiffres de 2015.

Il est important de noter que dernièrement le gouvernement de Hong Kong a favorisé la mise en place de quelques projets d’importance en faveur de l’environnement.

1) La plus grande centrale de transformation en énergie des boues issues de station d’épuration ;
2) La mise en place d’un réseau d’eau froide pour la climatisation à l’échelle d’un quartier ;
3) Un bâtiment à 0 émission de carbone.

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A Hong Kong des sociétés comme MTR participent aussi à un développement de la ville de façon plus durable en rendant les transports publics plus efficaces et consommant moins d’énergie. Du fait de ses ressources financières, technologiques et des scientifiques, Hong Kong est une ville où il serait relativement aisé de réaliser des économies d’énergie. D’après les calculs du Prof. Edward Ng, professeur d’architecture de la Chinese University, si l’on avait augmenté la température de la salle de la conférence de 3°C (en passant de 20 à 23 °C) sur seulement une demi-journée, cela aurait permis de sauver 3 arbres, en terme d’équivalent carbone.

PNG[Conférence International Sustainable Campus Network (ISCN) à HKU.]


Des universités du Canada, de Suisse et des Galapagos ont ensuite expliqué les méthodologies de « durabilité » mises en place sur leur campus. En outre, ont été abordées l’implication des élèves et du corps professoral dans les activités liées au développement durable, le rôle significatif de l’administration, notamment dans la mise en place de processus de tri ou de cours obligatoires portant sur cette thématique mais adapté à chaque cursus afin que tous les étudiants puissent avoir une partie de leurs enseignements ciblée sur le développement durable. Il a été noté l’impact des locaux sur l’implication et la motivation des membres de l’université. En effet, dans des bâtiments plus « green » les étudiants et le personnel se sentiraient plus enclin à prendre part aux activités liées au développement durable. Enfin, les responsables universitaires ont rappelé que les « regenerative sustainable systems » ne pouvaient fonctionner que si les gouvernements y prenaient part, et qu’une coopération internationale était indispensable.

Mme Jeanne Ng, directrice du développement durable chez “CLP Power Hong Kong Ltd », a expliqué la politique du groupe dans ce domaine. Mme Ng a détaillé les intentions du groupe d’importer de l’énergie renouvelable. En effet, Hong Kong, qui a de très faibles capacités de production d’énergie renouvelable pourrait tout à fait en importer de Chine continentale où les possibilités de production d’énergies dites « vertes » sont beaucoup plus importantes que sur le petit territoire cantonnais. Mme Ng a rappelé l’importance d’améliorer et de développer les réseaux de distribution d’énergie entre Hong Kong et la Chine continentale. Enfin, elle a sollicité l’attention du public quant aux injustices actuelles sur les taxes d’émissions carbones et de gaz à effet de serre. En effet, si la chine est le plus gros émetteur de ces gaz, la majeure partie des produits manufacturés en circulation à travers le monde est produit Chine. Aussi cette production n’est pas produite pour la Chine mais pour le reste du monde. Alors, pourquoi la totalité des émissions chinoises est impactée à la Chine ?

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Mme Jeanne Ng, directrice du développement durable chez CLP Power Hong Kong Ltd.

publié le 26/06/2015

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