Grandes écoles : elles ont enfin la cote à l’étranger

HEC, Polytechnique, Centrale… les écoles d’ingénieurs et de management tricolores accueillent plus d’étudiants internationaux qu’elles n’en envoient à l’étranger. Une première historique, mais surtout une aubaine financière pour des établissements en quête de nouvelles sources de revenus !

A l’instar des universités anglo-saxonnes les plus connues, les grandes écoles françaises s’internationalisent. Plus de 58.000 étudiants de 169 nationalités sont ainsi venus étudier dans l’un des 218 établissements de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE), selon leur dernière étude sur la mobilité internationale. A eux seuls, les étudiants internationaux représentent désormais 23% des effectifs totaux des grandes écoles (+21% en 2 ans), se félicite Yves Poilane, directeur de Télécom ParisTech et président de la commission relations internationales de la CGE.

Et il a de quoi se réjouir ! Car accueillir des étudiants internationaux est une manne financière salutaire pour des établissements, qui voient les subsides de l’Etat fondre comme neige au soleil. Selon les derniers chiffres publiés par Campus France, les quelque 270.000 étudiants étrangers accueillis en 2014 ont permis de générer 1,6 milliard d’euros de revenus dans le pays. Et on est encore loin des Etats-Unis, qui avec leur 800.000 étudiants étrangers accueillis chaque année et des frais de scolarité exorbitants génèrent 27 milliards de dollars, d’après le rapport Open Doors de l’Institut de l’éducation internationale américain.

D’où viennent ceux qui étudient en France ? Principalement du Maghreb (20%, +35,8% en 2 ans), mais aussi d’Asie-Pacifique, d’Europe de l’Ouest, d’Afrique subsaharienne ou encore d’Amérique du Sud. Mais c’est en Argentine, en Côte d’Ivoire, en Italie et en Inde que notre cote de popularité est en pleine essor.

Flux entre les étudiants internationaux venant en France et des Français partant à l’étranger

JPEG

Source : Campus France

Il faut dire que les établissements tricolores ont un atout de taille : le montant de leurs frais d’inscription. Même s’ils ne cessent de progresser (compter environ 15.000 euros par an pour les plus cotées), ils restent très attractifs. Et ce, pour des diplômes français et une qualité de l’enseignement reconnus dans le monde entier. A titre d’exemple, aux Etats-Unis, il n’est pas rare de devoir débourser plus de 30.000 voire plus de 50.000 euros pour un diplôme de type bachelor.

La Chine et le Brésil parmi les destinations favorites des Français

Si les étudiants internationaux affluent, les Français ont eux aussi bien compris l’intérêt d’aller se former dans un autre pays. Ils sont 27% à quitter l’Hexagone pour étudier, 14% pour y effectuer un stage (+12% sur les deux dernières années). Au total, ce sont ainsi plus de 53.899 jeunes Français qui sont partis étudier à l’étranger au moins 3 mois durant les deux dernières années.

L’Europe de l’Ouest reste la destination favorite des petits Frenchies, avec dans l’ordre le Royaume-Uni (+25% par rapport à 2011-2012), l’Allemagne (+32%) et l’Espagne (+15%). Mais ils sont de plus en plus nombreux à s’envoler pour l’Asie, en particulier en Chine. Ils étaient ainsi 2531 étudiants à avoir tenté l’aventure dans l’Empire du Milieu (+84%), c’est presque autant que le Royaume-Uni (2693 étudiants envoyés entre 2013 et 2014). L’Amérique du Nord et le Canada restent évidemment très prisés avec des établissements comme Harvard, le MIT ou McGill qui n’ont plus à gagner leurs lettres de noblesse. Plus étonnant, la popularité montante du Brésil (+56%), de l’Australie (+51%) ou encore de la Pologne (+59%).

JPEG

Source : Campus France

Pour les stages, en revanche, plus de la moitié reste en Europe de l’Ouest. A noter la chute de 20% du nombre de stagiaires en Chine. L’Empire du Milieu a en effet restreint drastiquement le nombre de visas accordés aux étudiants étrangers venant faire un stage sans être inscrits dans une université chinoise. Une forme de protectionnisme de l’enseignement supérieur chinois, en somme.

Evidemment, tous ces chiffres sont une excellente nouvelle, puisqu’ils confirment le rayonnement de l’enseignement supérieur français à l’international, ce qui est de très bonne augure pour l’avenir. Nul besoin de rappeler que ces échanges internationaux permettent de tisser un réseau très puissant de futures relations commerciales partout dans le monde. C’est ça aussi la French Touch…

publié le 19/02/2016

haut de la page