L’océan fait désormais partie intégrante de l’Accord de Paris

Séminaire sur océan et climat - Intervention de Mme Ségolène Royal, Présidente de la COP21, ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des Relations internationales sur le climat - 21 avril 2016

I - Les acquis de la Conférence de Paris en décembre 2015

- 20 COP ont eu lieu sans jamais aborder le rôle de l’océan dans le changement climatique et les effets de celui-ci sur l’océan. D’où volonté de ma part, aidée par d’autres pays comme la Principauté de Monaco ou encore le Chili et le Pérou, et la plateforme océan-climat faire de l’océan un enjeu majeur de la COP21.

- A Paris, plus de 30 événements et stands dédiés, et de 3 sessions spécifiques dont l’une en zone internationale durant l’Action Week. Inscrit dans l’Agenda de l’action, il apparaît dans le contenu de l’accord de Paris.

- Adoption par le GIEC d’un rapport spécial sur l’Océan. Et le 15 avril a eu lieu à l’occasion des assemblées de Printemps de la Banque Mondiale, un événement sur l’économie bleue et les Objectifs du Développement Durable.

II - Pourquoi l’océan mérite-il cette particulière attention ?

- Rôle essentiel dans la régulation du climat, sa stabilité aujourd’hui affectée, il confine 93 % de la chaleur ! Formidable régulateur du climat. C’est aussi un puits de carbone car il absorbe 26 % du CO2.

- Sa biodiversité est unique et aujourd’hui menacée, par le changement climatique et une exploitation des ressources vivantes marines renouvelables (pêche et aquaculture) pas suffisamment durable, protéines pour l’humanité et molécules d’intérêt pharmacologique ou cosmétique. Si le changement climatique joue un rôle direct sur les pertes de diversité biologique et des ressources, celles­ ci contribuent aussi en retour au changement lui même !

- La santé de l’océan menacée par la destruction des littoraux ; la surexploitation des ressources ; la pollution massive dont celle des plastiques et l’accumulation de microparticules sur des volumes gigantesques ; la dissémination d’espèces vivantes ; et l’acidification globale due à l’absorption du CO2. Et le changement climatique affecte gravement les littoraux avec la remontée rapide du niveau de la mer. Le dernier rapport du GIEC évoquait 1 m fin 2100, les travaux récents imaginent même 2 m avec la fonte des glaciers antarctiques.

III - Les événements à venir

Contexte

- En France, conférence nationale de l’océan pour la croissance bleue et le climat, Comité National Mer et Littoral.

- Nécessite la mobilisation, en particulier maintenant, alors que se tient le débat sur la mise en œuvre des Objectifs du Développement durable de l’agenda 2030 pour le développement, dont l’objectif 14 met en valeur la conservation durable de l’océan et de ses ressources.

- Réunion ici aux NU en avril 2016 sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales.
Annonces

• à Fidji, en juin 2017, conférence des Nations unies de haut niveau consacrée à la mise en œuvre de l’objectif 14 de l’Objectif du Développement durable.

• Projet de Conférence internationale à Washington en septembre 2016 (John Kerry)

IV - Les propositions de la Présidente de la COP

1. Partenariat signé entre la Banque mondiale, la France et l’Afrique de l’Ouest pour promouvoir une gestion intégrée des côtes pour une meilleure résilience au changement climatique. Cette collaboration avec la France s’inscrit en appui des orientations de l’Union africaine en faveur d’une stratégie pour la croissance bleue, projet (300 millions de dollars) à plusieurs dimensions : gestion des risques côtiers, sécurité maritime, pêche, économie bleue, dialogue stratégique des petites îles de l’Océan indien... Je viens de signer cet accord aujourd’hui (communiqué spécial ci-joint).

2. Initiative dédiée au devenir des petites îles et après la proposition de l’île Maurice, développer un « agenda de l’action océan Paris-Maurice-Marrakech ».

3. En accord avec le gouvernement du Maroc, un événement particulier océan lors de la COP22, avec le plan pour la reconquête de la Mer Méditerranée lancé à la conférence nationale.

4. Mise en place d’aires marines protégées, les plus vastes possibles. Les mangroves, les herbiers méditerranéens et les récifs coralliens font l’objet de plans spécifiques.

5. La pollution doit être combattue activement car elle menace gravement les écosystèmes littoraux, et je propose un mouvement international fort pour le développement de stations d’épuration efficaces et de lutte contre les déchets plastiques en mer avec la coalition des pays et des villes qui interdisent les sacs plastique à usage unique comme la France.

6. En relation directe avec l’OMI, diminution des impacts des activités liées au transport maritime, qui augmente de plus en plus.

7. Développer les énergies marines renouvelables.

8. Enfin, nous devons poursuivre sans cesse nos efforts en matière de développement des connaissances sur les liens océan/climat et donc promouvoir une politique internationale adaptée pour la recherche scientifique et technologique. Et la France apprécie la décision du GIEC de faire un rapport spécifique sur cette question.

En conclusion, il nous faut tous mettre en œuvre des efforts constants en matière de lutte contre la pollution, de lutte contre la surpêche, de législations adaptées vis à vis de l’exploitation des grands fonds et enfin de contrôle des émissions des GES et d’adaptation à la remontée du niveau de la mer. L’océan est notre histoire et notre « trait d’union » à tous et ceci implique un énorme effort de solidarité avec, à trouver, une véritable « conscience humanitaire planétaire ».

Article original tiré du site " Représentation permanente de la France auprès des Nations Unis à New York".

publié le 25/04/2016

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