La Chine, enfin l’Eldorado ?

Souvent annoncé mais jamais constaté, l’éveil de la Chine au football semble cette fois amorcé. L’actualité des transferts en apporte un signe de plus.

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Avant la fin du mercato en Europe, lundi, le Championnat chinois, dopé par des droits télévisés en très forte hausse, va-t-il aimanter Freddy Guarin (Inter) pour 15M€ (+ bonus), après avoir offert un pont d’or à Ramires (Chelsea, 33M€) et Gervinho (Roma, 18M€) ?

De bonnes affaires pour les clubs européens

Même des clubs bien plus modestes font actuellement de juteuses affaires avec la Chine, engagée dans un vaste chantier de développement du football, avec en ligne de mire l’organisation du Mondial 2026, quatre ans après les Jeux d’hiver de Pékin. Exemple : six mois après avoir été acheté 250 000 euros, Bruninho, l’attaquant brésilien de Nordsjaelland (D1 danoise), a été vendu le 13 janvier à Guangzhou R&F, 14e l’an dernier, pour 2,5 M€... L’afflux de joueurs brésiliens, plus forte présence étrangère dans le Championnat, conduit d’ailleurs ESPN à lorgner ses droits de diffusion pour le Brésil...

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La férénésie d’achats de joueurs étrangers (limités à cinq par club dont au moins un issu de la Confédération asiatique) est l’un des signaux forts de la politique volontariste initiée au plus haut sommet de l’Etat (le numéro un chinois, Xi Jinping, est un fan de la Premier League). Elle s’explique par les nouveaux moyens de la Chinese Super League (CSL), le Championnat à seize clubs qui reprend le 4 mars, et se traduit par une balance des transferts (achat moins ventes) fortement déficitaire : à cinq semaines du coup d’envoi, le solde s’affiche déjà à -115 M€, en ligne avec la tendance observée ces dernières saisons.

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Tout augmente dans la Chine du football, y compris les transferts à l’intérieur même du Championnat, qui vient de battre son record en la matière : l’attaquant brésilien Elkeson est passé de Guangzhou Evergrande, champion en titre, à Shanghai SIPG pour 18,5 M€.

Les droits télévisés ont été multipliés par vingt !

Ces dépenses sont en phase avec les nouveaux revenus du Championnat. A cet égard, tous les pronostics des analystes ont été balayés. Les droits télévisés attribués pour cinq ans en novembre dernier ? On les attendait autour de 550 millions d’euros, la société de capital investissement China Media Capital (CMC) en a aligné le double (1,1 milliard), dont 140 M€ dès 2016 contre... 7M€ en 2015 (20 fois plus !). Le sponsoring du Championnat ? Déjà, en 2014, Ping An Insurance (assurances), successeur de Wanda (tourisme, hôtellerie, cinéma), avait surpris en triplant quasiment la mise initiale (45 M€ par an contre 17M€).

Ces entreprises bienfaitrices, proches du pouvoir, tablent sur un développement massif du football en Chine et, pour CMC, des contenus payants sur smartphone. Les audiences auraient doublé la saison dernière (400 millions de téléspectateurs), attirant de nouveaux sponsors comme Red Bull, fournisseur officiel du Championnat pour les deux prochaines saisons. L’offensive chinoise passe aussi par des investissements en Europe : prises de participation de CMC à City et de Wanda à l’Atlético, rachat de Sochaux par Ledus...

Plusieurs dizaines d’éducateurs chinois en France

Si le géant mondial reste un nain du foot international (82e nation FIFA au 7 janvier, une seule participation à la Coupe du monde en 2002), son plan de développement compte beaucoup sur la formation pour réussir une greffe qui n’a pas pris jusque-là, même avec des stars comme Anelka ou Drogba ces dernières saisons. Deux cent quarante éducateurs chinois ont ainsi séjourné en France cet automne et le Brésilien Ronaldo doit ouvrir trois écoles de foot en 2016. La progression de la fréquentation des stades, au niveau de la L1 désormais, est peut-être une preuve que la Chine s’éveille cette fois vraiment au football.

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Source : L’Equipe.fr

publié le 29/01/2016

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