La Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes [en]

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La vulnérabilité et l’exposition à la violence des femmes et des filles augmentent à mesure que les températures s’élèvent

Pour commémorer la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes de 2016, l’UNESCO attire l’attention sur les effets du changement climatique et des ressources rares dans l’intensification de la violence à l’égard des femmes et des filles. Une question d’actualité au moment de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris et au moment où les dirigeants se réunissent à la COP22, à Marrakech. Le changement climatique est un multiplicateur de menaces. Il peut provoquer de mauvaises récoltes, une baisse de la production alimentaire, des déplacements de populations et d’espèces, et de plus grandes tensions économiques au sein des foyers, en raison de la perte de moyens de subsistance, suite aux catastrophes naturelles d’origine climatique.

Bien que des populations entières soient touchées par le changement climatique, ce sont les femmes et les filles qui paient le plus lourd tribut. En raison des rôles traditionnels qu’elles occupent, les femmes dépendent fortement des ressources naturelles et sont en grande partie responsables de la sécurité alimentaire, de l’eau et de combustibles pour cuisiner. En période de sécheresse, la recherche d’eau potable peut prendre jusqu’à 8 heures par jour, ce qui rend les femmes et les jeunes filles plus vulnérables aux agressions, viols ou enlèvements. Elles font face à des obstacles sociaux, économiques et politiques qui limitent leur capacité à s’adapter au changement et ces obstacles représentent également une menace pour leur sécurité. Quand un pays ou une région fait face à une catastrophe naturelle, la violence à l’égard des femmes devient un sujet secondaire et les mécanismes de protection s’affaiblissent. Les femmes et les filles perdent souvent leur réseau de soutien après avoir été déplacées et sont donc plus exposées aux risques de la traite. Elles sont également désavantagées dans l’accès à une éducation de qualité, ce qui les rend plus susceptibles d’être victimes de leur environnement.

Catastrophes naturelles

En 2005, dans le Mississippi, aux États-Unis, une augmentation de 45% des cas d’agressions sexuelles 7 mois après l’ouragan Katrina a été observée. Il y a aussi eu une augmentation de 300% des violences domestiques après que deux cyclones tropicaux aient frappé la province de Taféa au Vanuatu, en 2011. En Nouvelle-Zélande, lors du week-end du tremblement de terre de Canterbury en 2011, une augmentation de 53% des cas de violences domestiques signalés a été observée. Cependant, dans de nombreuses régions touchées par des catastrophes naturelles, les données ne sont pas disponibles ou très limitées. Pour mieux traiter cette question, les données sur la violence à l’égard des femmes doivent systématiquement être recueillies après une catastrophe naturelle.

Les femmes sont essentielles à la lutte contre le changement climatique

Les femmes sont au cœur des communautés. Leurs connaissances approfondies sur la gestion et l’utilisation des ressources naturelles sont essentielles à la lutte contre le changement climatique, en particulier pour la gestion de l’eau et la préparation aux risques. Cependant, elles sont souvent laissées pour compte dans les pratiques d’intervention, par exemple dans la réduction des risques liés aux catastrophes et dans l’éducation de l’agriculture écologique. Les femmes et les filles représentent un potentiel énorme qui doit être intégré dans les solutions aux changements climatiques. La pleine participation des filles et des femmes - et leur leadership - sont essentiels pour répondre adéquatement aux effets du changement climatique.

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publié le 29/11/2016

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