Préparation de la COP21 : point de situation par la consule générale adjointe [en]

Du 30 Novembre au 11 Décembre, 2015, la France accueillera la 21ème Conférence des parties (" Conference Of the Parties ") ou (COP 21) Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC) à Paris. Ce sera le plus grand événement diplomatique jamais organisé en France.

84 jours avant le lancement de la COP21, Mme Lilas Bernheim, consule générale adjointe de France à Hong Kong et de Macao, a fait un rappel les enjeux de la COP21.

Moins de 3 mois avant cet évènement crucial, Mme Bernheim a décrit l’état d’avancement des négociations en amont de la Conférence de Paris. Comme le président de la république française l’a déclaré récemment, il ne reste que très peu de temps pour atteindre les objectifs fixés avant le lancement de la COP21 et si le rythme des négociations et les engagements financiers ne progressent pas assez rapidement, la COP21 pourrait être un échec.

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S’agissant du premier pilier de l’Alliance de Paris pour le climat, dans le cadre duquel les pays travaillent ensemble pour parvenir à un accord universel concis, cohérent et simplifié avant le début de la COP21, les coprésidents du groupe ADP (Groupe de travail spécial sur la Plateforme de Durban pour une action renforcée), en charge de la préparation du futur accord, ont fait circuler une version légèrement simplifiée du projet le 24 juillet Ce document a été discuté début septembre 2015 à Bonn. Pour appuyer ce processus formel de négociation, la France a organisé deux réunions informelles de suivi, qui s’ajoutent à celles de l’ADP, l’une en juillet et une autre plus récemment, les 6 et 7 septembre ; celles –ci ont rassemblé les négociateurs et ministres représentant les principaux groupes de négociation et pays.

Malgré les risques d’échec en raison de la difficulté de la question financière, des progrès significatifs ont été réalisés au cours des trois derniers mois :

- Tous les pays souhaitent atteindre un accord universel durable d’ici décembre 2015, avec un consensus sur le principe d’un accord « dynamique » qui perdurera après 2030 et dont le niveau d’ambition serait régulièrement revu à la hausse.
- Nous sommes proches d’un consensus sur l’idée d’une revue régulière et à la hausse par chaque pays du niveau d’ambition de sa contribution.
- Nous avons progressé sur le thème de la transparence de chacun sur ce qui a été réalisé.
- L’importance d’un soutien financier, avant et après 2020, est reconnue

Mme Lilas Bernheim a souligné que les négociations allaient dans la bonne direction, mais que leur rythme devait être maintenant intensifié. La France entend utiliser tous les grands rendez-vous politiques internationaux pour rappeler l’importance d’un accord général en vue de la COP21.

Le deuxième pilier de l’Alliance pour le climat est la soumission par tous les pays, avant le 1er octobre, de leur contribution nationale (INDC, Intended Nationally Determined Contribution),. De nouvelles contributions ont été présentées au cours des 3 derniers mois, y compris par certains pays asiatiques importants (Japon, Corée du Sud, Singapour, Chine). Le 11 Septembre, 56 nations, représentant plus de 60 % des émissions mondiales, avaient présenté leurs INDC.

La Chine, le plus grand émetteur de CO2 au monde, a présenté sa contribution fin juin. Le pays s’est engagé à diminuer ses émissions de CO2 d’ici 2030. Les Etats-Unis ont également dévoilé le 3 août 2015 leur « Clean Power Plan ».

Les deux contributions de la Chine et des États-Unis ont envoyé un message clair et fort à la communauté internationale : les principaux pays « poids-lourds » en termes d’émissions doivent dès à présent être les principaux acteurs face au changement climatique et doivent redoubler d’efforts afin d’en faire une priorité et de prendre les mesures nécessaires. Les contributions de certains acteurs importants, comme l’Inde, restent très attendues.

Mme Lilas Bernheim a souligné l’impact positif des INDCs sur les politiques publiques. De nombreux pays ont ainsi été conduits à revoir leurs politiques publiques et à élaborer des plans d’investissement permettant une transition souple mais efficace vers des économies à faible émission carbone. En outre, la mise en place d’un mécanisme d’examen périodique, permettant de nouveaux une augmentation du niveau d’ambition des contributions nationales, fera en sorte que tous les pays aillent progressivement de l’avant.

Mme Lilas Bernheim a ensuite abordé le sujet crucial du financement des mesures d’adaptation et d’atténuation à mettre en œuvre, avant et après 2020.

La France travaille avec tous les partenaires pour renforcer l’engagement pris à Copenhague en 2009 pour fournir 100 milliards de $ par an aux pays en développement d’ici 2020, pour financer des projets d’atténuation et d’adaptation.
La priorité est aussi de sensibiliser les compagnies du secteur financier, entre autre à Hong Kong, sur l’importance de leur implication pour le succès de la COP21 et pour la transition vers des économies à faibles émissions de carbone. Le gouvernement français et les Nations Unies vont utiliser toutes les occasions possibles pour mettre en exergue les initiatives prises par la communauté de la finance internationale, notamment lors du prochain « Business dialogue » qui aura lieu à New York en septembre et également au cours de rencontres organisées par la Banque Mondiale et le FMI en octobre à Lima.

Il existe 2 plateformes spécifiques, lancées en mai dernier, pour recenser les engagements du secteur financier : une pour les investisseurs (Investors Platform for climate action (ici) et l’autre pour les assureurs (ici ).

Pour finir, Mme Bernheim a rappelé l’importance de l’ “Agenda des solutions” ou le Lima-Paris Action Plan (LPAP) et la nécessité de la coopération entre les gouvernements et les acteurs de la société civile. La France veut impliquer, dans l’Alliance pour le Climat, le secteur privé, les régions et les villes, la communauté scientifique et la société civile, car le problème du dérèglement climatique touche chacun d’entre nous et implique des changements radicaux dans nos modes de production et de consommation, tout en générant des opportunités économiques et sociales. Le LPAP a pour but d’encourager et d’alimenter des initiatives coopératives, menées par des acteurs non gouvernementaux, pour lutter contre le dérèglement climatique.

Mme Bernheim a mentionné la visite du Ministre de l’environnement hongkongais, Mr KS Wong, à Paris en juillet, immédiatement après le sommet international de Lyon sur le climat et les territoires (dont vous trouverez la Déclaration Finale ci-dessous).
Dans le cadre de cet “Agenda des solutions”, les engagements des acteurs non étatiques devraient progressivement être enregistrés sur le site web des “Non-state Actors Zone for Climate Action” (« acteurs non étatiques de la zone Action pour le climat") NAZCA, organisée par le Secrétariat de la CCNUCC (les détails sont fournis dans le document ci-joint).

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Dans le cadre de cet “Agenda des solutions”, les engagements des gouvernements infranationaux devraient progressivement être téléchargeables sur le site web des “Non-state Actors Zone for Climate Action” (« acteurs non étatiques de la zone Action pour le climat") NAZCA, organisée par le Secrétariat de la CCNUCC (les détails sont fournis dans le document ci-joint). L’objectif de ce portail est en ligne est d’afficher les résultats d’engagements individuels et d’initiatives au fur et à mesure de leur projection et des leurs réalisations, et ainsi de faciliter le suivi des réalisations par des tiers et de communiquer sur les engagements et de fournir un aperçu de l’action contre le changement climatique

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L’objectif de ce portail en ligne est de donner de la visibilité auxengagements individuels et aux initiatives, de faciliter le suivi des réalisations par des tiers et de fournir un aperçu de l’action contre le changement climatique.

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Au cours de la Conférence de Paris, une « réunion de haut niveau sur l’action climatique », appelée aussi « Action Day", aura lieu le 5 Décembre 2015. Ce moment sera l’occasion d’évoquerles initiatives les plus percutantes, en vue d’inspirer les dirigeants économiques et politiques.

A l’issue de la présentation, un échange a eu lieu avec le public.

Mme Bernheim a saisi cette opportunité pour évoquer la série d’événements (expositions, conférences, projections de film, débats …) organisée par le service scientifique du Consulat en 2015 afin de sensibiliser le public hongkongais aux enjeux que présente ce sommet international. Le programme s’intitule " Océan & Changement Climatique : Quand le climat fait des vagues". Un projet coopératif entre le département scientifique du Consulat général de France à Hong Kong et Macao, les universités de Hong Kong, les écoles locales et internationales, et d’autres partenaires présentent ces phénomènes complexes au public de Hong Kong à partir du 27 avril et jusqu’au 11 décembre 2015.

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La prochaine réunion rapportant les avancées des discussions relatives à la COP 21 aura lieu le 20 octobre 2015 au “Business Environment Council “, sur invitation.

publié le 18/09/2015

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