Le niveau « Sérieux » d’alerte à l’infection par le Coronavirus responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient maintenu

Le niveau « Sérieux » d’alerte à l’infection par le Coronavirus responsable du syndrome respiratoire du Moyen-Orient maintenu par le gouvernement de Hong Kong.

Le coronavirus responsable du Syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Middle East Respiratory Syndrome coronavirus, MERS-CoV), anciennement connu sous le nom de nouveau coronavirus (NCoV), est un coronavirus très récemment identifié chez l’homme et très différent de tous les coronavirus déjà identifiés (y compris le coronavirus responsable du SRAS). Ce virus est responsable de maladies diverses allant du rhume banal au syndrome respiratoire aigu sévère. Environ 70 % des personnes infectées souffrent de syndromes respiratoires relativement sévères mais parmi les symptômes habituels du MERS figurent la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires. La présence d’une pneumonie est fréquente, mais pas systématique. Des symptômes gastro-intestinaux, dont la diarrhée, ont également été signalés. Notons que presque 20 % des personnes infectées ne présentent aucun symptôme.
Bien que la majorité des cas de MERS chez l’homme soient attribuables à une transmission interhumaine, le virus ne semble pas se propager aisément d’une personne à l’autre, à moins d’un contact étroit avec une personne infectée, dans un contexte familiale ou hospitalier notamment.

À l’échelle mondiale, 1374 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dont au moins 490 mortels (environ 35 %) au 27 juillet 2015. Jusqu’à l’arrivée de l’épidémie en Corée du Sud, plus de 97% des cas confirmés avaient été signalés par les pays du Moyen-Orient et pays voisins - seuls les pays de la Péninsule Arabique rapportant des cas autochtones. La situation en Corée, particulièrement préoccupante en juin, se stabilise avec seulement 4 nouveaux cas recensés depuis début juillet. Le gouvernement coréen a recensé 186 cas d’infection, dont presque 10 % des cas parmi le personnel soignant, provoquant 33 décès, touchant quelques 100 hôpitaux, et faisant de la Corée du sud le 2ème pays en nombre de cas recensés après l’Arabie Saoudite.

L’OMS a dépêché une mission en Corée du Sud pour mieux comprendre la situation ; parmi cette mission, l’Institut Pasteur était représenté par le Dr. Maria Van Kerkhove, du Pasteur Center for Global Health, qui fait partie de la Task force de l’OMS sur le MERS-CoV depuis 2012, et le Prof. Malik Peiris du HKU-Pasteur Research Pole. Les conclusions de cette mission, annoncées le 17 juin, indiquent que l’ampleur de la propagation de l’infection était due à un manque évident de précaution de la part des structures de santé coréennes, qui n’étaient pas préparées à l’arrivé du virus sur son territoire.

Concernant les autres cas recensés dans la région,

  • l’unique malade recensé en Thaïlande le 18 juin est sorti de l’hôpital en bonne santé et aucun cas secondaire n’a été enregistré dans ce pays,
  • un cas a été annoncé le 6 juillet par le gouvernement des Philippinnes ; il s’agit du 2ème cas importé du Moyen Orient dans ce pays depuis 2012.

A Hong Kong, où la vigilance est de mise, l’alerte a été lancée le 29 mai, selon le plan de réponse mis en place en coordination avec l’OMS en 2012. Cette alerte faisait suite à la notification du premier cas importé en Chine par la Commission nationale chinoise de la santé et de la planification ; ce malade de 44 ans, originaire de la République de Corée était arrivé en Chine, passant par Hong Kong le 26 mai. Le gouvernement de Hong Kong avait alors pris les mesures adaptées à la situation afin de confiner l’épidémie. Des mesures rigoureuses de mise en quarantaine et de surveillance des personnes ayant eu un contact avec ce malade avaient alors été mises en place. Depuis début juin, un contrôle des malades considérés comme suspect est systématique. Aucun cas n’a été recensé à Hong Kong à ce jour.

Compte tenu de la situation en Corée du Sud, avec laquelle Hong Kong entretient beaucoup d’échanges (avec en moyenne, 20 vols quotidiens représentant plus de 40.000 voyageurs entre les 2 pays chaque semaine et environ 5.000 touristes coréens arrivant à Hong Kong chaque jour), le gouvernement de Hong Kong a élevé le niveau d’alerte au niveau sérieux le 9 juin (niveau 2/3). En outre, une « alerte voyage » de niveau rouge (2ème plus haut niveau d’alerte) a été mise en place par le Bureau de la sécurité du gouvernement, qui demande aux voyageurs dont le déplacement en Corée du Sud n’est pas essentiel d’annuler leur voyage.

Par ailleurs, le département de la Santé de Hong Kong appelle à la plus grande vigilance lors des voyages dans les pays ayant recensés des cas d’infection. Il conseille d’éviter au maximum de se rendre dans les structures de santé locales et d’éviter tout contact avec des personnes malades et avec les animaux pouvant constituer des réservoirs de virus, notamment les chameaux, oiseaux et volaille.

En fonction de l’évolution de l’épidémie et de la situation à Hong Kong, le gouvernement de Hong Kong adaptera le niveau d’alerte, selon le plan de réponse prévu, afin d’endiguer tout risque de propagation de la maladie. Le département de la santé poursuit son travail de surveillance avec les structures de santé locales et les points de contrôles aux frontières. Tous les contrôles aux différents points d’entrée à Hong Kong ont été renforcés. Toute personne ayant voyagé récemment en Corée ou au Moyen Orient et présentant de la fièvre ou des symptômes respiratoires sera systématiquement considérée comme cas suspecté d’infection au MERS-CoV et sera soumis à un isolement jusqu’à l’obtention des résultats des tests médicaux négatifs.

Le Centre for Health Protection a mis en place de nombreux outils de communication accessibles au public :

publié le 27/07/2015

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