Les grandes écoles permettent toujours une insertion professionnelle rapide

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C’est leur grande force : les grandes écoles insèrent vite et bien leurs diplômés. La dernière enquête réalisée par la Conférence des grandes écoles (CGE), publiée mardi 16 juin, le montre une nouvelle fois. Réalisée auprès de 173 établissements sur 182, elle est établie à partir de 53 000 questionnaires adressés aux diplômés bac + 5 des deux dernières promotions.

Plus de huit jeunes diplômés actifs sur dix (80,6 %) ont un emploi moins de six mois après leur sortie de l’école. En légère baisse par rapport à l’an dernier (81,2 %), il demeure toutefois très élevé : « Le diplôme ’grande école’ est plus que jamais un véritable passeport pour l’emploi, à l’heure où le taux de chômage des moins de 25 ans est de 24 %, selon l’Insee », indique d’ailleurs la CGE.
De douze à quinze mois après le diplôme, le taux d’emploi atteint 92,7 %. Un résultat très comparable à celui avancé par les universités pour leurs anciens étudiants de même niveau, mais sondés pour leur part trente mois après leur diplôme.

Autre bonne nouvelle : la moitié des diplômés ont signé leur contrat de travail avant leur sortie d’école. Un bémol, cependant : le taux net d’emploi continue de baisser depuis 2012.

Par ailleurs, 17,6 % de la promotion 2014 s’est installée à l’étranger (contre 15 % un an plus tôt pour la promotion 2013). « Par rapport au discours sur une éventuelle fuite des cerveaux, il faut se calmer », a mis en garde le directeur général d’HEC, Bernard Ramanantsoa, qui présentait les conclusions de l’enquête.

Le stage, voie royale

C’est le deuxième enseignement de l’enquête de la CGE : le stage de fin d’études est le meilleur moyen de trouver un emploi. C’est ainsi que 29,8 % des diplômés de 2014 ont obtenu un poste. Ce taux, qui n’est que de 23,1 % pour les manageurs, grimpe à un tiers pour les ingénieurs.

Le second moyen de trouver du travail évoqué, à 14,2 % (11,2 % pour les manageurs et 16 % pour les ingénieurs), est par le biais des sites Internet spécialisés dans l’emploi, comme celui de l’Association pour l’emploi des cadres (APEC).

En troisième position, 8,7 % d’entre eux ont décroché leur premier emploi grâce à leurs « relations personnelles » (10,5 % pour les manageurs, 7,6 % pour les ingénieurs). « Le fait que nos élèves obtiennent d’aussi bons taux d’insertion, a noté M. Ramanantsoa, vient de l’effort colossal fourni par eux comme par les écoles. Les stages en sont un bon exemple. Chacun s’adapte à cette nouvelle forme de recherche d’emploi. Ainsi, certains établissements changent les dates de jury.  »

L’accroissement de la flexibilité

Si l’insertion demeure excellente et rapide, les conditions sont cependant un peu moins bonnes qu’auparavant. Ainsi, la part de contrats à durée déterminée (CDI) continue de décroître. Alors que la promotion 2011 avait décroché un CDI dans 81 % des cas, cela ne concerne « que » 74 % des membres de la promo 2014.

Par ailleurs, la rémunération par les primes tend à augmenter. Ce sont elles qui permettent aux diplômés de 2014 d’obtenir un salaire meilleur que celui de l’an dernier, malgré une baisse des rémunérations brutes hors primes. « La bonne nouvelle, plaisante M. Ramanantsoa, c’est que cela ne se dégrade plus. » La tendance est en effet à une stagnation.

En moyenne, le salaire brut annuel total (incluant primes et avantages) s’élève à 38 534 euros pour les manageurs et à 37 166 euros pour les ingénieurs.

Les femmes moins bien loties

Ce n’est pas une nouveauté : même diplômées d’une grande école, les femmes sont discriminées, et ce, presque selon tous les critères. L’écart de salaire a beau s’être un peu réduit cette année, il demeure important. Chez les manageurs, il est de près de 5 000 euros par an (41 000 euros pour les hommes, contre 36 000 euros pour les femmes). Chez les ingénieurs, il est de 3 000 euros (38 000 euros pour les hommes, 34 800 euros pour les femmes).

Par ailleurs, elles ne sont que 56 % à avoir décroché un CDI après le diplôme, alors que 64 % des jeunes hommes en ont un. Chez les ingénieurs travaillant en France, l’écart est de quinze points ! Autre exemple édifiant : on reproche davantage aux femmes qu’aux hommes leur manque d’expérience, surtout à la sortie des écoles de management. « Il faut utiliser 100 % des cerveaux, et non seulement la moitié, a plaidé Anne-Lucie Wack, la nouvelle présidente de la CGE. Nous devons sensibiliser les jeunes femmes sur ce point dès l’école. Mais il est vrai qu’elles ont du mal à se projeter dans des fonctions de leadership : il n’y a pas beaucoup de modèles.  »

Seule exception : les femmes qui travaillent dans un secteur d’hommes sont beaucoup mieux payées, comme les hommes qui exercent dans un secteur féminisé. « C’est la prime à l’exception », relève M. Ramanantsoa.

publié sur Le Monde.fr le 16 juin 2015 par Benoît Floc’h et Geoffroy Jacqueson

publié le 25/06/2015

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