Le consul général est, dit-on souvent, le " chef de la communauté française " de sa circonscription. Cela signifie qu’il l’administre, mais surtout qu’il la protège.
Le réseau consulaire : la France entretient 113 consulats généraux et 18 consulats. Il y a en outre 8 chancelleries détachées, aux attributions limitées, et 530 agences consulaires tenues par des consuls honoraires, c’est-à-dire en général des bénévoles ressortissants du pays de séjour. La carte consulaire évolue sans cesse.
Un métier très ancien et très actuel
L’institution consulaire date des croisades, sinon de l’Antiquité. En Orient, les consuls administraient souverainement leurs compatriotes. Colbert les avait rattachés à la Marine en 1669. La Révolution les transféra aux Affaires étrangères. Aujourd’hui, le statut international des consuls est fixé par la convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires. Il faut l’accord du pays d’envoi et du pays de séjour pour ouvrir un consulat. Le chef de poste consulaire est un diplomate nommé par le président de la République, dont il reçoit une commission consulaire. Il ne peut exercer avant d’avoir reçu l’autorisation - l’" exequatur " - du pays de séjour.
Le consul général, administrateur et tuteur
Le consul général est pour les Français à la fois le maire et le sous-préfet, avec la force publique en moins et un devoir d’assistance et de protection en plus. Pour les étrangers, il est comme l’ambassadeur, la France.
Le consul général recense les Français et les immatriculés (ils n’y sont pas tenus, mais ils y ont tout intérêt). Les nouvelles techniques d’information et de communication, par exemple l’ouverture projetée de sites Internet, aideront à garder le contact avec les expatriés, surtout les jeunes, dont on perd facilement la trace. Le consul général tient l’état civil, délivre passeports et pièces d’identité, met en règle avec le service national, établit certains actes notariés, dresse des procurations de vote et organise les élections. Il peut s’assurer du juste déroulement de toute procédure impliquant des Français devant les tribunaux locaux conformément avec la convention de Vienne relative à la protection consulaire. Dans ce cadre, il peut rendre visite en prison aux prévenus et détenus qui le souhaitent afin de s’assurer notamment qu’ils ne subissent pas de discrimination au cours de leur détention. Il secourt et rapatrie éventuellement les indigents. Il a aussi des attributions judiciaires et maritimes. Ce que les textes ne disent pas, c’est la responsabilité qui pèse sur le consul général en cas de crise ou de catastrophe affectant les Français : le plan de sécurité le mieux à jour ne saurait tout prévoir. Par ailleurs, le consul général, en liaison avec le ministère de l’Intérieur, délivre aux étrangers les visas d’entrée en France : il lui faut concilier la rigueur contre l’immigration illégale avec la souplesse envers les personnalités qui peuvent contribuer au progrès des relations bilatérales.
Le consul général, relais de l’ambassadeur
L’autonomie des consulats : dans l’exercice de ses attributions propres, le consul général est indépendant de l’ambassadeur, sauf à le tenir informé.
De tout temps, le consul général a été habilité à recueillir des informations commerciales et à stimuler les relations économiques. La création des postes d’expansion économique, certains d’ailleurs établis auprès des consulats, ne le dispense pas de cette tâche. Elle est même reconnue, avec l’ouverture récente des postes mixtes, dont le titulaire est à la fois consul général et chef de la Mission économique. La mission d’information du consul général ne s’arrête pas là : elle s’étend à tous les domaines - politique, culturel, technique et autres - et ne fait que croître. Le consul général joue aujourd’hui dans sa circonscription un rôle de représentation et de communication analogue à celui de l’ambassadeur.
