Présentation en Asie du rapport de la « Commission sur la santé mondiale pour l’avenir », à Hong Kong le 13 mars 2016

Afin de faire face aux futurs risques d’épidémies majeures à travers le monde, la « Commission sur les risques pour la santé mondiale pour l’avenir » de l’Académie de Médecine américaine a publié un rapport dans lequel elle établit de nombreuses recommandations, dont un investissement de 4,5 milliards US$, par an afin de renforcer les systèmes nationaux de santé publique, d’améliorer la coordination et les capacités de réponse globale, et d’accélérer la Recherche & Développement dans le secteur de la santé. Le rapport ainsi que ses principales recommandations ont été rendus publics pour la première fois dans la région Asie au cours d’un séminaire organisé au sein de la Faculté de Médecine de l’Université de Hong Kong, le 13 mars 2016.

La crise provoquée par la dernière épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest a été une vraie tragédie mais elle a néanmoins permis de mettre en lumière les déficiences inquiétantes des systèmes de santé dans la prévention, la préparation et l’intervention lors de crise sanitaire importante. Afin de combler les lacunes et d’anticiper une réponse plus efficace à l’avenir, l’Académie de Médecine américaine a mis en place une commission indépendante, la « Commission on Global Health Risk Framework for the Future » (commission GHRF), composée d’experts internationaux dans des spécialités variées comme la finance, la gouvernance, la recherche et développement, les systèmes de santé et les sciences humaines et sociales.

Parmi les 17 experts, représentants 12 pays des 5 continents, figure notamment le Prof Gabriel Leung, doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Hong Kong (HKU) et co-directeur du centre collaboratif de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour l’épidémiologie et le contrôle des maladies infectieuses de HKU.

Les recommandations constituant ce rapport sont le fruit d’un travail réalisé lors d’une série de 11 conférences publiques qui ont rassemblé près de 250 experts mondiaux. Ce rapport sera présenté au cours de cette année 2016 à plusieurs agences internationales et lors de sommets mondiaux comme celui de la Banque mondiale, le Fond Monétaire International et lors du prochain G20 qui se tiendra dans la ville de Hangzhou (Chine) en septembre 2016.

En collaboration avec le Centre pour l’éthique et le droit médical de HKU, l’Académie de Médecine américaine et le Centre de recherche hongkongais de la Fondation Bauhinia, le Centre collaboratif de l’OMS de HKU a organisé, le 13 mars dernier, un séminaire afin de présenter les principales recommandations du rapport de la Commission. Lors de cette conférence, le docteur Victor Dzau, Président de l’Académie de Médecine américaine a exprimé sa reconnaissance à plusieurs gouvernements et instituts académiques de la région Asie-Pacifique, notamment d’Inde, d’Indonésie, de Corée du Sud, de Malaisie et de Singapour, pour leur participation à cet important rassemblement régional centré sur l’avenir de la santé publique mondiale.

Après avoir rappelé que Hong Kong et ses pays voisins d’Asie ont eu à faire face à de nombreuses épidémies plus ou moins sévères au cours de ces dernières années (SRAS, H1N1, H3N2, H7N9…), le Professeur Gabriel Leung a également cité un exemple plus récent : celui de la dernière grippe saisonnière. Lors de cet épisode de grippe, les services médicaux publics et privés à travers le monde ont été submergés en raison de la demande excessive en soins médicaux, révélant les lacunes des moyens de défense contre les pandémies potentiellement plus dangereuses. Le Professeur Leung a également tenu à insister sur l’urgence d’une discussion « en profondeur » sur ce thème et sur l’importance des recommandations établies par la commission afin d’adopter une approche plus systématique dans la lutte contre les maladies infectieuses.

Par la suite, M. Peter Sands, Président de la Commission, a lui aussi donné un aperçu des recommandations figurant dans le rapport de la commission. Il a souligné que la prévention et la lutte contre les pandémies sont essentielles à la sécurité et la stabilité économique mondiale. Il a , de surcroît, dévoilé le cadre des recommandations constitué de trois volets : (i) la mise à niveau des systèmes de santé nationaux ; (ii) l’établissement par l’OMS d’un centre dédié à la préparation et à la réponse aux urgences pandémiques ; (iii) un programme accéléré de R & D dans une large gamme de produits médicaux dédiés au contrôle des maladies infectieuses qui devrait être mis en œuvre dès 2016.

Pour conclure, le professeur Tan Chorh Chuan, membre du Groupe international de surveillance de la Commission et président de l’Université nationale de Singapour, a rappelé que les maladies infectieuses représentent depuis toujours la dimension négligée lorsqu’on considère la sécurité internationale. Il a précisé qu’un investissement de “seulement” 4,5 milliards de US$ par an (soit environ 65 centimes US$ par habitant de notre planète) permettrait de pallier à ces négligences, insistant sur le fait que cette somme peut paraitre dérisoire en comparaison aux couts globaux engendrés par les pandémies.

publié le 14/04/2016

haut de la page