Remise des prix de la 1ère édition du concours de poésie "Sauvés par la Poésie"

Organisé par le magazine Sauvés par le Kong en partenariat avec la librairie Parenthèses et le Consulat Général de France à Hong Kong et Macao, la remise des prix de ce concours de poésie « Sauvés par la poésie » a eu lieu le vendredi 11 mars à 16h30 à la librairie Parenthèses en présence du Consul Général M. Eric Berti.

A l’occasion de la 18ème édition du Printemps des Poètes et aussi de la Fête de la Francophonie édition 2016 à Hong Kong et Macao, ce concours de poésie en langue française était ouvert à tous gratuitement, de 7 à 77 ans. Le thème de cette 1ère édition est "Frisson(s)".

Parmi des quarante-six poèmes reçus, trois poèmes ont été sélectionnés et désignés comme poèmes lauréats :

• Le prix d’excellence est attribué à Valeri Zasyekine pour "Trois Frissons".
• Le prix de l’originalité est attribué à Stefany Collin pour "La Rame du tramway file"
• Le prix de la musicalité est attribué à Guillaume Since pour "Frissons mal embouchés"

La remise des prix s’est déroulée avec une lecture des poèmes en musique. Vous pouvez découvrir les poésies primées sur la page Facebook "Sauvés par le Kong"

JPEGConsul Général M. Berti et Madeline Progin, présidente du jury

JPEGValeri Zasyekine, lauréat du Prix d’Excellence

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Camille Vannier lisant les poèmes lauréats en musique avec Adrien.

JPEGMatthieu Motte, rédacteur-en-chef du magazine Sauvés par le Kong et Guillaume Since, lauréat du Prix de la musicalité

JPEGLe lauréat du prix d’Excellence aux côtés des membres du jury.
De gauche à droite, Mme Florence Morin (le Petit Journal), M Valeri Zasyekine, lauréat du Prix d’Excellence, M Matthieu Motte, rédacteur en chef de « Sauvés par le Kong », Mme Madeline Progin (librairie Parenthèses), Mme Servane Gandais, Attachée de Coopération au Consulat de France, Mme Nicole Tam, Directrice de l’école Lou Pichoun, M Eric Berti, Consul Général de France, Mme Emmanuelle Lemoing (Librairie Parenthèses)

Nous souhaitons féliciter les lauréats pour leurs belles œuvres littéraires rédigées en langue française.

Devant le succès de ce concours, les organisateurs ont déjà annoncé la tenue d’une seconde édition, avec une catégorie spéciale « jeunesse » et la mise en place d’un concours de nouvelles en 2017 !

A vos plumes !!

Les lauréats

PRIX D’EXCELLENCE

"3 frissons"

Le premier souviens-toi
Tu portais des talons
Et rien d’autre je crois
Qu’un parfum de saison
T’aimais les jeux de dupes
Et moi les filles faciles
J’allumais sous ta jupe
Les lumières de la ville.
Tes mamelles enflées
Faisaient dans la dentelle
Contre la baie vitrée
Du W Hotel
Et battaient la mesure
De deux cercles obscènes
Laissés en hâte sur
Le devant de la scène.

Plus tard sur ton balcon
Au deuxième
Tu prononçais mon nom
De baptême
Me contais des douceurs
Des "je t’aime"
Qui m’allaient droit au cœur
Du problème.
On jouait à se faire peur
Tu voyais d’autres hommes
Pour mettre de la couleur
Dans tes géraniums
Certains me sont restés
En travers de l’échine
Et ton test HIV
Sentait la nicotine.

Puis un jour tu m’as dit
Si la Californie
Te privait de mes fesses ?
J’aime ta poésie
Mais le fond de ton lit
C’est pas Los Angeles
Je veux les choses en grand
Et deux frissons par an
C’est tarif minimum
J’t’en laisse un pour la route
Ça ne passe pas en soute
Arrose les géraniums

PRIX DU JURY

"La Rame du tramway file"

La rame du tramway file, et s’enroule la foule
Qui s’engouffre comme un flux, dévorée par la houle
Des piétinements secs des silhouettes escarpées
Des buildings aux fenêtres mi-ouvertes mi-fermées :

Félicité du jour,
Phœnix au firmament, ou fin de ta journée,
Tu le dis sans détours,
Finalement pas de fuite, il te faut continuer

Aux frémissements timides des soupirs encore tièdes
D’une moisson de désirs que ton tremblement guette,
Aux frissons de la nuit ou de la découverte,
Aux mystères des instants où les chairs semblent offertes,

Noyées de paroles vaines et d’allures contrefaites,
Cachant-là des merveilles inavouées et désertes,

Tu préfères le choix brut des décisions sommaires
Des points de vie binaires, Comment dire comment faire ?
Un et un font deux, c’est tellement plus facile !
Pas de choix esthétique, ni de figure de style.

Et pourtant le codage, le découdre tu en rêves !
L’addition de ces chiffres tu voudrais la remuer,
Bousculer ces principes et faire se culbuter
Ces calculettes butées, bloquées sur l’équation
Où le zéro ne vaut que comme faire-valoir
Du paraître des nombres trop gras, trop gros, trop ronds
Quand les gaz des indices se fondent sans le vouloir,
Et se consument, nourris de tes flammes et tes fièvres.

Félonie du destin, fariboles frelatées :
A tes goûts d’autrefois
Tu préfères l’apparat
Des parures efficaces, rentables et bien rangées.

Qu’as-tu fait de tes rires de l’enfant vif et rose
Que tu étais pourtant ? Joyeux poupon joufflu
Qui frissonnait d’effroi, de joie ou d’émotion
Qui laissait barboter des bulles de sensation ?

Sans calcul, instinctive, dans une audace nue
Laisse-moi te murmurer : vas-y, mon ami, ose !

PRIX DE LA MUSICALITÉ

"Frissons mal embouchés"
(Inspiré d’une histoire vraie)

Il était une fois une histoire de marins,

Une histoire peu banale,
Sentant fort les embruns,
Et qui faillit ma foi, finir en bacchanale,

Il s’en fut ce jour-là de bien peu,
Que deux joyeux compères, un rien présomptueux,
D’un voilier certes vieux, mais pourtant somptueux,
N’en firent un submersible, qui coula avec eux,

Appareillant sereins cet après-midi-là,
Ils furent à Potoi* en moins de temps que ça,
En route, ils devisèrent de ceci, de cela,
Sans ne nullement douter que leur esquif sombrât,

S’il n’est de sot métier, mais bien de sottes gens,
En tous points de ceux-là, ils furent sûrement,
Des dangers de la mer ignorant les tourments,
Oublièrent les bouchons de leur si vieux gréement,

Allaient-ils n’avoir ces deux joyeux compères,
Pour toute bonne fortune, qu’une fortune de mer ?
Et allaient-ils entendre de la mer le gourou ?
Du vieux Poséidon subir tout le courroux ?

Tout soudain, le voilier prit si fort de la gite,
Et à n’en point douter, ils durent faire vite,
Parcourus de frissons à travers tout le corps,
Durant la traversée pour rejoindre le port,

Alors des sanglots plein leur nasse,
Nos deux gaillards burent la tasse,
Mais les bouchons de leur barcasse,
Reprirent tout soudain leur place,

Le fier vaisseau ne bougeait plus,
Car il avait beaucoup trop bu.
Tout espoir semblait ténu,
Mais ils reprirent leur cap perdu,

Ils parvinrent à leur Valhalla,
Allèrent de Charybde en Scylla,
Et enfin arrivèrent triomphants,
Tels des Lamazou de l’Orient,

Les compères honteux et confus,
Jurèrent mais un peu tard qu’on ne les y prendrait plus,
Las d’aventures et de frissons,
Ils n’oublieront plus leurs bouchons...

*Potoi est une ile au sud de Hong Kong

publié le 22/03/2016

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